Remue-méninges

Depuis quelques semaines, je fouille la toile de manière plus « méthodique ». Non pas qu’avant j’errais sans convictions ni buts, mais je me laissais aller aux envies du moment, aux interpellations d’idées, aux plaisirs des lectures non imposées. Rattrapé par des échéances doctorales, je me vois donc dans l’obligation de produire un travail plus « rigoureux ». Pour se faire il faut que je détermine un « cadre », de recherche. Puis, de manière logique, je dois utiliser les bases de données pour proposer une bibliographie des plus « carrée ». Me vient alors une question et l’idée de ce petit sondage distrayant.

La méthode. Clairement, je ne suis pas un méthodique né. Je suis plutôt du genre instinctif, spontané, ne recherchant pas le cadre. Cadre…méthode…rigueur…encore des concepts…et pourquoi ne ferait-on pas davantage confiance à nos émotions, à nos sensations?…Très probablement parce qu’elles sont subjectives et difficilement communicables à tout un chacun. Doit-on pour autant leur attribuer moins de valeur?…
Dans l’exercice de l’art de la médecine, y a-t-il de la place pour l’art?…

Pour illustrer le propos, rien de tel qu’un dialogue sensation/raison ou comment accorder les violons.

Un médecin expérimenté, à son stagiaire interne en médecine générale, lui adresse d’un air complice:

— Qu’en penses-tu?…

— L’interrogatoire du patient est rassurant. Son examen clinique retrouve des constantes vitales normales avec un examen appareil par appareil normal. Tout est normal! termine l’apprenant en souriant à son maître.

— Oui d’accord, mais comment tu le sens? reformule le médecin.

— Comment je le…quoi?… interroge l’interne un peu dépité.

— OK. Tu as échangé avec lui…tu l’as examiné. L’as-tu observé?…as-tu vu son visage?…as-tu vu son regard?… as-tu vu sa manière de se déplacer?… rajoute le médecin.

— Euh… sort Antoine en voyant qu’il est probablement passé à coté de quelque chose.

— Moi je le sens pas, reprend le Docteur Nez. Il est triste, ralenti, mou. C’est la première fois que je le vois, mais je le sens pas.

Personnellement, je me suis retrouvé dans la position d’Antoine, quand lors du stage chez le médecin généraliste, j’ai aussi prononcé « Euh… ». J’appliquais donc une certaine méthode, à l’opposé de ma nature. Enfin je crois. Ce cadre, important, permet d’appliquer avec une certaine efficacité les données enregistrées. Il nous rassure et rassure nos maîtres. Mais, aussi vrai qu’il est un phare permettant d’éviter certains écueils, il peut nous aveugler et nous précipiter dans un courant impétueux.

A vos instruments!

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s